
4 mars 2026
Le mois dernier, je vous parlais d’un trop-plein de signaux.
Ce mois-ci, le bruit est devenu assourdissant.
Autour de nous, c’est l’agitation : des prises de décisions hâtives, de la spéculation sans cap, un monde qui s’embrase sous les tensions géopolitiques. Et pourtant, au milieu de ce brasier, nous tenons sur un véritable château de cartes. C’est étrange de voir à quel point l’édifice résiste encore, alors qu’on sent qu’un simple soupir suffirait désormais à tout effondrer.
Dans ces moments-là, l’instinct pousse à s’agiter. Mais l’agitation est l’ennemie de la stratégie.
Le temps long n’est pas une faiblesse. C’est, au contraire, la seule force capable de résister aux sursauts.
On oublie souvent que les meilleures entreprises, comme les plus grandes références culturelles, se sont construites dans l’ombre et la durée. Picasso disait qu’il lui avait fallu des années pour être célèbre « du jour au lendemain ». Beaucoup de figures majeures n’étaient même pas reconnues de leur vivant. La finance ne fait pas exception : la réussite immédiate est souvent un leurre, la solidité, elle, est lente.
Même Warren Buffett semble aujourd’hui s’éloigner des marchés. S’il a remercié Apple d’avoir porté sa croissance, son retrait actuel souligne une décorrélation de plus en plus inquiétante entre la valeur réelle des choses et les chiffres affichés.
C’est souvent le signe précurseur d’une crise : quand le lien avec le réel se brise, l’empire vacille.
Et comme je vous le disais récemment, les empires s’effondrent souvent lorsqu’ils sont à leur apogée.
Avec tous ces événements, j’ai instinctivement réduit mes prises de parole sur LinkedIn. Par nécessité. Pour ne pas réagir comme on change de chemise. Pour prendre ce temps « long », celui d’observer, de lire, et de comprendre les crises précédentes afin de ne pas être balayé par celle qui vient. J’ai cette étrange sensation d’apercevoir au large un immense tsunami et de ne pas savoir comment réagir ni quelle issue prendre.
Je vous avoue même que j’observe plus la nature, au sens propre du terme, pour essayer d’écouter si les oiseaux chantent moins… Leurs sens sont plus aiguisés que les nôtres et souvent annonciateurs de catastrophe.
Cette newsletter est simplement là pour accompagner votre propre réflexion dans ce brouillard.
Posez-vous cette question :
Qu’est-ce que vous regardez, que vous n’avez pas encore vu ?